Vente et utilisation d’antibiotiques chez les animaux en Belgique : une diminution record en 2022

Date: 27/06/2023

En 2022, la vente d’antibiotiques chez les animaux en Belgique a fortement diminué par rapport à 2021 : un quart de moins pour la vente totale, un tiers de moins pour les aliments médicamenteux avec antibiotiques et plus de la moitié de moins pour la colistine. Ces résultats se traduisent par une réduction cumulative de -58,2 % par rapport à 2011 (année de référence). Une note négative est observée avec une légère augmentation de + 1,1 % de la vente des antibiotiques d’importance critique. Le suivi de l’utilisation des antibiotiques au niveau des exploitations montre une baisse en 2022 chez les porcs et les veaux de boucherie. Chez la volaille, les résultats sont moins positifs.

Au début de l’année 2021, l’autorité fédérale, l’AMCRA et les secteurs partenaires ont signé une deuxième Convention antibiotiques pour la période 2021-2024. Elle comprend des objectifs de réduction déjà détaillés dans la « Vision 2024 » de l’AMCRA par rapport à la vente d’antibiotiques chez les animaux : 

Vente totale d’antibiotiques  (objectif 2024 : - 65 % par rapport à 2011)

  • Réduction réalisée par rapport à 2021 : - 24,5 %        
  • Réduction cumulative : -58,2 %

Vente d’aliments médicamenteux contenant des antibiotiques (objectif 2024 : -75 %  par rapport à 2011)

  • Réduction réalisée par rapport à 2021 : -36 %        
  • Réduction cumulative : - 83,5 %

Vente d’antibiotiques d'importance critique (objectif 2024 : au minimum -75 % par rapport à 2011)

  • Résultat  par rapport à 2021 : +1,1 %        
  • Réduction cumulative : -82,7 %

Vente de colistine (objectif 2024 : maximum 1 mg/kg de biomasse)

  • Résultat en 2022 : 0,5 mg/kg de biomasse
  • Réduction réalisée par rapport à 2021 : -55,3 %        
  • Réduction cumulative : -89,2 % par rapport à 2012

Bien que trois résultats sur quatre soient très positifs, il faut aussi signaler une légère augmentation (1,1 %) de la vente des antibiotiques d’importance critique qui est à attribuer à une plus grande utilisation en 2022 des fluoroquinolones chez les poulets de chair et les veaux de boucherie. Ces deux secteurs concernés ont déjà mis en place des mesures correctives afin d’inverser cette tendance.  

Porcs, poulets de chair et veaux de boucherie
L’obligation d’enregistrer l’utilisation d’antibiotiques au niveau des exploitations, dans la base de données nationale Sanitel-Med, a permis de fixer des objectifs spécifiques chez les porcs, les poulets de chair et les veaux de boucherie. Ces objectifs ont été concrétisés par la mise en place de trajets de réduction (au niveau des différentes catégories animales), avec une réduction périodique des valeurs seuils utilisées pour le benchmarking. Ce système développé par l’AMCRA en concertation avec les secteurs concernés, a porté ses fruits en 2022 dans la plupart des catégories animales :  - 44,5 % chez les porcelets non sevrés, -22,7 % chez les porcelets sevrés, - 24 % chez les porcs d’engraissement, - 18,2 % chez les truies et verrats, - 5,1 % chez les veaux de boucherie, - 24,5 % chez les poules pondeuses (réduction de la médiane de l’indicateur BD100 par rapport à 2021). Cependant, une augmentation de + 10,2 % a été constatée en 2022 par rapport à 2021 chez les poulets de chairs. 

Coaching antibiotiques
Un objectif à réaliser avant la fin 2024 est de parvenir à un maximum d’1 % d’utilisateurs en zone d’alarme (exploitations caractérisées par une utilisation structurellement élevée d’antibiotiques). Par rapport à 2021 les utilisateurs en zone d’alarme en 2022 ont diminué de 9 à 4,5 % chez les porcs et de 0,4 à 0,1 % chez les poulets de chair, et cela en dépit des limites plus strictes. Ces résultats très encourageants sont à attribuer aux efforts réalisés par les secteurs et les différentes parties prenantes. Effectivement, dans le cadre de la Convention antibiotiques 2021-2024, plusieurs organisations se sont engagées à utiliser le coaching et favoriser l’implémentation de celui-ci afin d’accompagner les éleveurs et les vétérinaires. Chez les veaux de boucherie le pourcentage d’utilisateurs en zone d’alarme n’a pas évolué en 2022 par rapport à 2021 et stagne autour de 13%.

Résistance aux antibiotiques
Les résultats de la surveillance de l’antibiorésistance de la bactérie indicatrice Gram négative Escherichia coli isolée chez des animaux producteurs de denrées alimentaires montrent une légère diminution de la résistance depuis le début de la surveillance en 2011. Pour les bactéries indicatrices Gram positives Enterococcus faecalis et E. faecium, on observe une stagnation de leur résistance aux antibiotiques depuis le début de la surveillance en 2019.

Conclusions
Les résultats d’utilisation d’antibiotiques et des résistances en 2022 sont dans l’ensemble positifs. D’ici fin 2024, le défi majeur consistera à réduire significativement le nombre d’utilisateurs en zone d’alarme dans tous les secteurs suite à la diminution des valeurs seuils dans les trajets de réduction. Une attention particulière sera toujours réservée aux antibiotiques d’importance critique, néanmoins afin de réduire les résistances, toutes les classes d’antibiotiques doivent être concernées. Pour ce faire, l’accent doit être mis d’avantage sur la prévention à travers la biosécurité, le recours à la vaccination, la qualité des aliments et de l’eau d’abreuvement et aux alternatives aux antibiotiques. Une attention particulière doit également être accordée au monitoring des résistances aux antibiotiques et à l'identification des facteurs qui influencent l’évolution de la sensibilité et des résistances des bactéries indicatrices.

Au vu des défis existants, toutes les organisations signataires de la Convention antibiotiques s’engagent à la poursuite de leurs actions sur le terrain.
 

Dernière mise à jour le 13/06/2024