PRAC juin 2026 : fin de l’évaluation d'un signal de sécurité concernant le valproate et les substances apparentées et recommandation de nouvelles informations de sécurité à l'intention des professionnels de la santé concernant le vaccin Ixchiq contre le c

Date: 01/07/2026

Lors de sa réunion de juin 2026, le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance de l'Agence européenne des médicaments a terminé l’évaluation d'un signal de sécurité concernant le valproate et les substances apparentées, et a recommandé de nouvelles informations de sécurité à l'intention des professionnels de la santé concernant le vaccin Ixchiq contre le chikungunya.

Valproate et substances apparentées
Le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (Pharmacovigilance Risk Assessment Committee, PRAC) de l'Agence européenne des médicaments (European Medicines Agency, EMA) a terminé l'évaluation de nouvelles données concernant le risque potentiel de troubles du développement neurologique chez les enfants nés de pères traités par le valproate et a conclu que les éléments de preuve relatifs à ce risque potentiel sont contradictoires. Le PRAC recommande de mettre à jour les informations sur le produit afin de refléter les données disponibles.

Le PRAC a terminé son examen d'un signal de sécurité concernant le valproate et les substances apparentées et a conclu que, sur la base de l'évaluation de nouvelles données, les éléments de preuve relatifs aux troubles du développement neurologique chez les enfants nés de pères traités par le valproate sont contradictoires et que le rôle causal du valproate est incertain. Compte tenu de cette incertitude, le comité recommande de maintenir les mesures de précaution existantes pour les patients de sexe masculin. Ces mesures ont été mises en place en 2024 afin de répondre à un risque potentiel accru de troubles du développement neurologique chez les enfants nés d’un père traité avec des médicaments à base de valproate au cours des trois mois précédant la conception.

Par ailleurs, le PRAC a recommandé que les informations sur le produit soient mises à jour afin de refléter les données les plus récentes concernant les troubles du développement neurologique.

Les médicaments à base de valproate sont utilisés pour traiter l'épilepsie et le trouble bipolaire. Dans certains États membres de l'UE, ils sont également autorisés pour la prévention des migraines. Les troubles du développement neurologique sont des problèmes de développement qui commencent dans la petite enfance, tels que les troubles du spectre autistique, la déficience intellectuelle, les troubles de la communication, le déficit de l’attention/les troubles de l’hyperactivité et les troubles du mouvement.

En janvier 2024, l'évaluation des résultats d'une étude de sécurité post-autorisation (post authorisation safety study, PASS), qui s’appuyait sur des données issues de plusieurs bases de données de registres au Danemark, en Norvège et en Suède, a suggéré un risque accru de troubles du développement neurologique chez les enfants nés de pères traités par le valproate au cours des trois mois précédant la conception, par rapport aux enfants nés de pères traités par les antiépileptiques lamotrigine ou lévétiracétam. À ce moment-là, bien que le comité ait reconnu que les données PASS présentaient des limites, le PRAC a conclu que les troubles du développement neurologique constituent un risque potentiel chez les enfants nés de pères traités par le valproate pendant les trois mois précédant leur conception, et le PRAC a recommandé des mesures de précaution à l'intention des hommes prenant ce médicament. 

À l'époque, le PRAC avait demandé aux titulaires d'une autorisation de mise sur le marché de mener une étude de plus grande envergure, spécialement conçue pour pallier certaines des limites de l'étude PASS. Cette étude est actuellement en cours et devrait s'achever en 2028.

Le dernier signal de sécurité a été initié en juillet 2025 à la suite de la publication d’une étude danoise menée à l’échelle nationale et fondée sur des données de registre,study qui n’a pas mis en évidence de risque accru de troubles du développement neurologique chez les enfants nés de pères traités par le valproate. Pour évaluer ce signal, le PRAC a examiné l'ensemble des preuves disponibles les plus récentes. Si les résultats d'une étude ont laissé entrevoir un lien possible entre les troubles du développement neurologique et le valproate, la plupart des études (dites « études observationnelles rétrospectives ») menées sur cette question n'ont pas mis en évidence de risque accru de troubles du développement neurologique. Les différences dans la méthodologie de ces études, notamment en ce qui concerne les patients inclus et la manière dont leurs pathologies sous-jacentes ont été prises en compte, peuvent expliquer pourquoi les résultats varient.

Dans l'ensemble, le PRAC n'a pas pu déterminer si le risque potentiel de troubles du développement neurologique chez les enfants dont le père a été traité par le valproate avant la conception était dû au valproate ou à d'autres facteurs, tels que la pathologie sous-jacente du père. Le comité a conclu que les preuves disponibles sont contradictoires et qu'un lien de causalité avec le médicament n'est pas établi.

Compte tenu des incertitudes qui subsistent et dans l'attente des résultats de l'étude en cours prévue pour 2028, le PRAC a convenu que les mesures de précaution mises en place en 2024 devaient rester en vigueur. Le comité a également recommandé de mettre à jour les informations sur le produit, ainsi que le guide destiné aux professionnels de la santé et le guide destiné aux patients de sexe masculin, afin de garantir que les professionnels de la santé et les patients aient accès aux informations les plus récentes.

Vous trouverez de plus amples informations dans le rapport d'évaluation qui sera publié en temps voulu sur le site web de l'EMA.

En Belgique, il existe des médicaments autorisés qui contiennent du valproate. Ils sont commercialisés sous les noms suivants :

  • Depakine ;
  • Valproate Desitin.

Nouvelles informations de sécurité à l'intention des professionnels de la santé concernant Ixchiq : l'administration du vaccin contre le chikungunya doit être réservée aux personnes présentant un risque élevé d'infection
Le PRAC recommande que l'administration du vaccin Ixchiq soit réservée aux personnes présentant un risque élevé d'infection par le virus du chikungunya.

Le comité a également approuvé une communication directe aux professionnels de la santé (direct healthcare professional communication, DHPC) visant à les informer des recommandations mises à jour.

Le vaccin Ixchiq est un vaccin vivant atténué utilisé pour protéger les personnes âgées de 12 ans et plus contre la maladie du chikungunya. Il contient une souche du virus du chikungunya qui a été atténuée.

Cette restriction de l'indication fait suite à un examen de routine des données de sécurité mené par l'EMA, qui a évalué l'impact des effets indésirables graves signalés avec le vaccin (notamment la méningite aseptique) sur le rapport bénéfice/risque d'Ixchiq. Certains de ces effets ont entraîné des hospitalisations et des décès.

Les effets indésirables graves connus liés à ce vaccin surviennent principalement chez les personnes âgées de 65 ans et plus et chez celles présentant plusieurs pathologies chroniques sous-jacentes, bien que des jeunes adultes, en bonne santé, aient également été touchés.

Chez ces personnes, des effets indésirables graves ou prolongés de type chikungunya ont été observés, entraînant parfois une détérioration de l’état général de la personne, notamment un malaise et une perte d’appétit, une aggravation de maladies préexistantes, des troubles cérébraux tels qu’une encéphalopathie et une encéphalite, une méningite aseptique (inflammation des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière) ou un état de confusion.

Il est rappelé aux professionnels de la santé que le vaccin ne doit être administré qu’aux personnes âgées de 12 ans et plus présentant un risque élevé de contracter le chikungunya, et ce après une évaluation minutieuse des bénéfices et des risques potentiels. Son utilisation est contre-indiquée chez les patients dont le système immunitaire est affaibli en raison d'une maladie ou d'un traitement médical, et il ne doit pas être administré en même temps que d'autres vaccins.

La recommandation du PRAC sera transmise au Comité des médicaments à usage humain de l’EMA (EMA’s human medicines committee, CHMP), qui adoptera l’avis de l’agence.

Comme pour tout médicament, la sécurité d'Ixchiq fait l’objet d’une surveillance étroite et les recommandations d'utilisation seront mises à jour si de nouvelles informations pertinentes sont disponibles.

Le vaccin Ixchiq est disponible en Belgique. Des recommandations du Conseil supérieur de la Santé concernant la vaccination contre le Chikungunya sont disponibles.

De plus amples informations sont disponibles sur le site web de l’EMA.

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