Le nouveau rapport BelVet-Sac confirme l'utilisation en baisse d'antibiotiques dans l'élevage. Deux des trois objectifs en matière de réduction ont déjà été atteints.

Les résultats 2017 confirment la tendance des années précédentes avec une consommation en baisse de 7,4 % de mg de substance active/kg de biomasse par rapport à l'année précédente. C'est la plus forte baisse en un an depuis 2011. Par rapport à l'année de référence 2011, il s'agit d'une diminution totale de 25,9%. 

Pour lutter contre la résistance aux antibiotiques, il est très important de suivre la consommation d'antibiotiques chez les animaux. C'est pourquoi BelVet-Sac (Belgian Veterinary Surveillance of Antibiotic Consumption) et le centre d'expertise AMCRA asbl analysent chaque année, en collaboration active avec l’AFMPS, les données collectées auprès des grossistes-répartiteurs de médicaments vétérinaires et des fabricants d'aliments composés qui produisent des aliments médicamenteux pour animaux. Les résultats de l’analyse pour l’année 2017 sont disponibles dans le nouveau rapport BelVet-Sac

Outre ces rapports généraux, les éleveurs de veaux de boucherie ont reçu début juin 2018 via SANITEL-MED les premiers résultats personnalisés de la consommation d'antibiotiques.

Chiffres pour 2017

En 2017, la consommation d'antibiotiques a diminué de 7,4 % de mg de substance active/kg de biomasse par rapport à 2016. Depuis 2011, la consommation totale a diminué de 25,9 %, avec une baisse importante de la consommation de prémélanges (- 66,6 %) et, dans une moindre mesure, de produits pharmaceutiques (- 16,4 %).

Exprimée en quantités absolues de substance active, la consommation d'antibiotiques a diminué de 8,3 %. Il s'agit ici de - 46,3 % pour les prémélanges et de - 1,6 % pour les produits pharmaceutiques. En 2017, il y a eu une diminution de 0,8 % de la biomasse animale totale.

Les données enregistrées indiquent également une diminution forte et continue pour la quatrième année d'affilée de la consommation de colistine (- 13,3 %). Par rapport à la situation de 2012, où l'oxyde de zinc (ZnO), qui remplace principalement la colistine, a été autorisé, la diminution totale de consommation de cette classe d'antibiotiques est de 62,8 %.

Outre la forte baisse de consommation de la colistine, il y a également une nette diminution de l'utilisation thérapeutique de ZnO. Il s'agit d'un tiers d'utilisation en moins (- 33,6 %) par rapport à 2016. C'est la deuxième année de suite que l'utilisation de ZnO diminue, ce qui indique le recours croissant à des traitements alternatifs.

La bonne nouvelle est également la réduction substantielle (- 64,6 %) de l'utilisation de « molécules rouges », c'est-à-dire de substances critiques de grande importance pour la médecine humaine.

Réduction la plus forte dans les élevages porcins

Le nouveau rapport BelVet-Sac brosse le tableau d'une évolution de la consommation par espèce animale ou par secteur animal. Étant donné les nombreux antibiotiques autorisés à être utilisés chez différentes espèces, ce classement n'est pas simple. Toutefois la plus forte diminution concerne les produits autorisés chez les porcs ou chez les porcs et la volaille. Une tendance peu étonnante vu l'importante baisse de la consommation de prémélanges presqu'exclusivement utilisés chez les porcs.

Pour la première fois, l'évolution de la consommation de produits intramammaires chez le bétail laitier a été examinée. On note une diminution substantielle entre 2013 et 2015 (- 30,1 %). Une baisse de consommation qui ne s'est toutefois pas poursuivie en 2016 et 2017, où une augmentation limitée de 2,6 % a chaque fois été observée.

Cette évolution reflète l'application en baisse du tarissement systématique tandis que l'utilisation de préparations mammaires pour traiter la mastite reste relativement stable.

Le secteur de l'exploitation laitière devra également prendre des mesures afin de réduire la consommation d'antibiotiques.

En 2017 une réduction limitée de la consommation d'antibiotiques chez les chiens et chats a été observée aussi bien pour la consommation totale (- 3,5 %) que pour la consommation d'antibiotiques d'importance critique (« molécules rouges ») (- 7 %).

Deux objectifs sur trois atteints

Depuis 2011, la consommation de prémélanges antibactériens a diminué au total de  66,6 %. Un premier objectif stratégique d'AMCRA et de la Convention avec l'administration belge, à savoir une consommation de prémélanges réduite de moitié, est donc largement atteint dans le délai prévu.

Pour les substances critiques, il y a depuis 2011 une réduction totale de 84,4 % alors que, pour celles-ci spécifiquement, une réduction de 75 % était prévue pour 2020. Par conséquent, on peut conclure que ce deuxième objectif a également été largement atteint et ce trois ans avant la date limite.

Le troisième objectif global d'une réduction de moitié de la consommation d'antibiotiques chez les animaux pour 2020 reste réalisable mais demande assurément des efforts soutenus de la part de toutes les parties concernées. Malgré les résultats prometteurs pour 2017, il faut encore réaliser une diminution de 24 % pour 2020.

Informations supplémentaires

Rapport BelVet-Sac 2017

Rapports BelVet-Sac précédents

 

Dernière mise à jour le
27/06/2018