Flash VIG-news : 5-fluorouracil et capécitabine - Recommandations en cas de déficit en dihydropyrimidine deshydrogénase (DPD)

Précisions supplémentaires et mise à jour - 03.04.2019

Les recommandations ci-dessous sont celles du Groupe de Pharmacologie Clinique Oncologique (GPCO) - Unicancer et le Réseau National de Pharmacogénétique Hospitalière (28.02.2018 – ANSM) relayées par l’ANSM, dans l’attente des résultats des différents travaux en cours. Pour information, les recommandations de l’ INCa/HAS, disponibles depuis décembre 2018, préconisent de réaliser uniquement l’uracilémie comme technique de phénotypage, sans évoquer la nécessité de réaliser un génotypage. Le 15 mars, l’Agence européenne des médicaments a entamé une procédure d’arbitrage afin d’évaluer toutes les données disponibles et d’apporter des recommandations européennes à ce sujet (15.03.2019 - EMA).

En ce qui concerne le test de phénotypage DPD par mesure de U et UH2, il a récemment été validé et est réalisé maintenant dans certains laboratoires belges.

 

La recherche d’un déficit en dihydropyrimidine deshydrogénase (DPD) via des tests validés de dépistage, avant l’instauration du traitement anticancéreux pourrait contribuer à réduire la toxicité des fluoropyrimidines.

En France, l’Institut national du cancer (INCa) et la Haute Autorité de Santé (HAS) ont publié des recommandations sur la recherche d’un déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) dans le cadre de chimiothérapies comportant des fluoropyrimidines. Pour détecter ce déficit, l’INCa et la HAS recommandent de :

  • rechercher un déficit en DPD avant la mise en route de tout traitement à base de 5-fluorouracil (5-FU) ou capécitabine ;
  • réaliser ce dépistage par phénotypage en dosant en première intention l'uracile plasmatique (U) (éventuellement complété par le rapport dihydrouracil (UH2)/U) et en y associant le génotypage des variants *2A, *13, p.D949V et HapB3 ;
  • réduire si nécessaire la posologie en fonction du statut DPD dès la première cure, et envisager une augmentation de dose aux cures suivantes en fonction de la tolérance (18.12.2018 – ANSM et décembre 2018 – INCa).  

Actuellement, en Belgique, le test de génotypage des mutations du gène de la dihydropyrimidine déshydrogénase (DPYD) (séquençage de 9 des 23 exons, incluant la recherche des 4 polymorphismes recommandés) est un test de routine réalisé dans des laboratoires d’hôpitaux universitaires. Ce test figure dans la liste limitative des centres de génétique et est remboursé par l’INAMI.

En ce qui concerne le test de phénotypage DPD par mesure de U et UH2, il est pour le moment en cours de développement dans les laboratoires belges.

Même s’il n'existe actuellement pas d'obligation légale pour le dépistage du déficit en DPD avant l'administration de fluoropyrimidines, l’AFMPS attire l’attention des professionnels de la santé sur le fait que ces tests sont disponibles en Belgique, validés dans les laboratoires et remboursés par l’INAMI. L’utilisation de ces tests avant l’instauration du traitement pourrait contribuer à réduire la toxicité des fluoropyrimidines. Celle-ci pose un réel problème de santé publique : cette toxicité peut dégrader la qualité de vie des patients, nécessiter l’interruption ou l’arrêt du traitement anticancéreux et mettre en jeu le pronostic vital des malades.

Spécialités disponibles en Belgique :

  • 5-fluorouracil : FLURACEDYL® et FLUOROURACIL ACCORD HEALTHCARE®
  • Capécitabine : XELODA®, CAPECITABINE ACCORD® et CAPECITABINE EG®
Dernière mise à jour le
03/04/2019